Rencontres

Rencontre avec Hadrien Diesbecq

Peux tu nous présenter ton parcours académique et professionnel ?

J’ai  un Master de droit des affaires à l’université Paris I (Sorbonne) suivi d’un Msc à l’EM Lyon Business School. Après plusieurs stages classiques (audit / conseil), j’ai eu l’opportunité de m’associer pour co-fonder A-mano, une startup ambitieuse qui propose des web-app à destination des lieux d’attente, de réception et de passage (hôtels, salons, restaurants). En juin dernier j’ai quitté A-mano et j’ai rejoint Le Petit Ballon.

Quels sont tes centres d’intérêt ? 

La gastronomie (food, vin, whisky) et le sport (futsal, running) ; deux passions qui, j’espère, s’équilibrent !

Peux-tu me décrire le concept du Petit Ballon ?

Le Petit ballon c’est chaque mois, deux bouteilles de vin chez soi. Les bouteilles sont toutes sélectionnées par Jean-Michel Deluc – ancien chef sommelier du Ritz – et accompagnées d’une Gazette avec des informations sur les vins, les vignobles, des idées recettes, un thème mensuel. Lancé en 2011 Le Petit Ballon a aujourd’hui près de 40 000 abonnés, et a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros.

En quoi ce concept est-il innovant ?

Le Petit Ballon a été lancé avec comme ambition de casser les codes autour du vin. Notre devise est « Le vin sans baratin » et notre promesse est de parler des vins autrement (https://www.youtube.com/watch?v=eDH4PNqo_hE). Cela se concrétise sur notre site par une présentation simple et graphique de nos vins, une liberté de ton dans nos vidéos et lors des évènements que nous organisons.

Dans cet esprit nous avons d’ailleurs lancé en fin d’année dernière les « labels ». L’idée était de sortir des classifications usuelles par AOC, terroir, région, cépage. Nous avons créé des labels qui permettent de catégoriser les vins en fonction de leurs caractéristiques et de simplifier l’acte d’achat. En achetant un vin « RADIEUX » le client sait à quoi s’attendre en termes de puissance, de complexité, de tanins, même si il ne connait ni l’appellation ni les cépages.

Quelle est ton activité ?

J’ai intégré le Petit Ballon en juillet dernier pour développer la vente B2B et me charger des partenariats. En plus de ces activités je m’occupe désormais aussi du lancement du Petit Ballon en Belgique en tant que country manager. Un emploi du temps bien chargé donc mais très stimulant et enrichissant.

En quoi cette activité requiert-il de l’innovation et de la créativité ?

La vente B2B est en pleine révolution. Le démarchage à l’ancienne est dépassé et il faut donc tout réinventer : privilégier l’inbound marketing, trouver des nouveaux canaux d’acquisition, simplifier et digitaliser les process d’achat.Le lancement de la Belgique va aussi nous demander de la créativité, il faut parvenir à exporter l’univers du Petit Ballon tout en s’adaptant aux spécificités locales. Nous avons beaucoup d’ambitions pour ce pays mais vu que les boites mails, les réseaux sociaux et les blogs sont saturés d’offres et de produits il faut chercher en permanence des leviers de croissance innovants.

Quelle est selon toi l’innovation marquante dans le monde culinaire des prochaines années ?

Le monde culinaire en France est en pleine évolution, sous l’influence notamment de trois tendances  :

1/ EAT HOME : avec l’émergence de multiples acteurs : Deliveroo, Foodora,  Take it Easy, Pop Chef et l’influence des émissions type Top Chef.

2/ EAT BIO :  que ce soit pour le « food » comme pour le vin, les consommateurs cherchent de plus en plus à manger mieux, poussés par les nombreux articles, émissions et scandales alimentaires.

3/ EAT SOCIAL : les clients viennent de plus en plus pour une expérience que pour une simple dégustation : les chefs doivent être vus, les plats originaux et adaptés à des publications massives sur les réseaux sociaux.

Mais s’il ne fallait retenir qu’une chose, j’opterais pour les solutions naissantes qui vont dans le sens d’une lutte de plus en plus cruciale contre la pénurie alimentaire. Je pense notamment à nos amis de Jimini’s qui nous font manger des insectes à l’apéro ou des initiatives plus sociales comme FoPo (Food Powder) qui transforme en poudre à très longue conservation des fruits presque périmés.