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Rencontre de Richard et Marina Alibert, entrepreneurs à la tête de Aix et Terra

Tout commence avec la rencontre d’Annabelle Barbier un midi du mois de septembre 2016 alors qu’elle était responsable de la Cantine Gourmande d’Anne Sophie Pic  « Daily Pic » de Valence. Désirant initier ma petite famille au « fast good », j’avais en effet entrepris de faire découvrir à mes enfants la ligne de produits de Anne-Sophie Pic destinée au « commun des gourmets ». Le profil d’Annabelle m’a tout de suite beaucoup plu : souriante, enthousiaste, à l’écoute, j’ai été bluffée par son charme et sa gentillesse. Alors, lorsque plusieurs mois plus tard, Annabelle me propose de mieux connaître l’aventure de la Manufacture « Aix et Terra », qu’elle a rejoint courant mai, je n’ai pas hésité. Et c’est d’un pas curieux que j’ai franchi la porte de Manufacture, il y a quelques jours, dans la Drôme provencale, à Saulce-sur-Rhône, sur la mythique Nationale 7.

Je fais alors la rencontre de Marina et Richard Alibert, les deux entrepreneurs Artisans à la tête de cette marque et de cet espace hors du commun (700 m2), composé d’un atelier de fabrication, d’un entrepôt de logistique et de stockage, d’une épicerie et d’un espace de restauration. Au total, ce sont trois lieux de découvertes pour le public qui peut passer librement d’un espace à l’autre : l’Atelier, la Table, l’Epicerie. A l’étage, se trouvent les bureaux et salle de séminaire de Aix et Terra. Le tout a été conçu par l’architecte François Muracciole qui a également travaillé pour Fragonard, Bonpoint, la maison du Whisky et qui conçoit des « boutiques à vivre ». C’est lumineux et chaleureux, avec un bel hommage rétro aux années 50/60.

Richard et Marina font partie de ces couples qui ont mis en danger une carrière professionnelle brillante et confortable pour mener à bien un projet entrepreneurial à risque, mais assurément riche en adrénaline et en satisfaction.

Richard et Marina ont pour point commun professionnel une forte expertise dans la création d’une identité de marque et dans le développement d’une expérience client.  Marina a ainsi travaillé dans la cosmétique de luxe (ancienne responsable du Spa Nuxe du Printemps Haussmann). Richard a également fait carrière dans ce secteur, avant de devenir Directeur marketing chez Valrona, puis de rejoindre le secteur de la mode (Céline Europe, Bonpoint, Cacharel). Leur envie d’aventure s’est développée avec l’envol des enfants et l’envie de rejoindre Mirmande dans la Drôme, leur terre d’adoption, où ils rénovent depuis de nombreuses années une ancienne bastide.

Richard et Marina Alibert

Leur aventure commence en 2010, à Aix-en-Provence, où le couple tombe sous le charme d’une petite boutique proposant des recettes locales et artisanales. Pour ces enfants du soleil et ces passionnés de cuisine, le charme opère et le couple décide de racheter la boutique avec l’idée d’en faire une marque.

Commence une période d’expérimentation et de tâtonnements : Marina prend la tête de la cuisine, Richard se consacre au marketing. Ensemble, ils rencontrent les fournisseurs de produits de la région. Leur zone d’approvisionnement couvre tout le Sud et leur sélection est drastique : olives de Nyons, citron de Menton, Noix AOP de Grenoble etc. Seuls quelques produits proviennent de zones plus éloignées tels que les anchois (Maison Roc de Collioure, la plus célèbre) et les artichauts (Bretagne). Patiemment, ils élaborent les recettes avec des chefs, apprennent les temps de repos, de macération, de cuisson et toutes les subtilités de la conservation. A plusieurs reprises, ils manquent d’arrêter l’aventure. Mais, soutenus par un solide réseau de proches apportant à la fois encouragements et « Love money », ils poursuivent leur chemin et ouvrent la Manufacture en août 2015.

Nous commençons la visite.

Richard me conduit dans l’Atelier. On y fabrique jusqu’à 400 pots par jour, de manière artisanale : des confitures, des crèmes sucrées et salées, des huiles aromatisées. Je découvre les fruits et légumes arrivés la veille puis transformés ou surgelés, le planning de production de la journée (beaucoup de petites séries), les nouveaux investissements pour gagner en productivité sans perdre en qualité. Je comprends que les normes d’hygiène sont drastiques, avec notamment l’obligation de conserver chaque production pour pouvoir assurer la traçabilité, à tout moment, mais aussi pour pouvoir gouter les produits après plusieurs mois et ajuster la Date Limite de Consommation. Je rencontre la souriante Céline, qui est à la tête de la production depuis un an.

L’atelier

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Nous nous rendons ensuite dans l’espace de stockage et de logistique. Je reconnais les machines qui permettent de conditionner les produits qui ne manquent pas de me rappeler mes stages chez Dammann, ce producteur et distributeur de thé de qualité. Deux étés durant, j’y étais ouvrière conditionneuse et découvrais alors le goût des produits de qualité. Mes réflexes de consultante en organisation me permettent de rapidement identifier que l’entrepôt est déjà bien rempli et qu’il ne suffira bientôt plus à accompagner la croissance de Aix et Terra. Bon signe !

L’atelier de conditionnement

 

Nous passons à la dégustation des produits. 80 produits Aix et Terra ont été développés avec environ une cinquantaine de références disponibles en permanence.

Je suis d’abord séduite par le packaging : j’adore ces graphismes de fruits et légumes très simples et très figuratifs. J’aime aussi le contenu des pots car l’œil est attiré par des couleurs bien tranchées : rouge, blanc, vert, noir. J’apprécie cette clarté du produit qui m’indique qu’a priori le produit aura un goût bien prononcé.

Je goûte de nombreux produits et en particulier quelques produits « signatures » : la crème de parmesan au citron de Menton (elle est d’un blanc franc et d’une texture granuleuse, j’ai envie de dévorer le pot entier), le caviar d’aubergines à la truffe noire, la crème de noix (on a cette impression merveilleuse de croquer dans une noix encore un peu verte qui viendrait juste de l’arbre), ou encore l’artichonnade. Je suis vigilante aux textures, à la teneur en sel. Certaines recettes ont été conçues avec le chef étoilé Julien Allano ; Tout est nickel, le test est concluant !

Les papilles en émoi, nous passons à table.

Les plats proposés à la carte ont bien entendu été produits sur place. La carte est bien équilibrée, on y trouve des tartines, des salades, des carpaccios, de quoi contenter tous les goûts et appétits !

La cuisine se trouve derrière une verrière, à deux pas des tables. L’espace restauration comporte à la fois des tables individuelles et une grande table, pour un total de 32 couverts. Un grand terrain de 3 000 m2 permet aux enfants de jouer au soleil pendant que les parents se détendent. Idéal !

 

Je continue de bombarder le couple sur ses projets de développement. L’ouverture de la première franchise est prévue pour le 13 septembre à Valence. C’est une étape très importante car le projet est d’en ouvrir d’autres en France et dans le monde. Dans quelques heures, Richard va d’ailleurs s’envoler pour l’Asie. Côté hôtellerie et restauration, le projet est de développer les ventes auprès des professionnels à partir des produits livrés dans un conditionnement adapté à leurs besoins. C’est Annabelle Barbier qui porte cette ambition, de même que celle de développer les franchises et restaurants.

Annabelle Barbier porte fièrement les couleurs et l’ambition de la Manufacture

Ma visite s’achève avec une belle séance de shopping, je repars le panier plein, très heureuse d’avoir pu rencontrer un couple d’entrepreneurs passionnés par la Drôme, accompagné d’une équipe débordante d’énergie et de gentillesse.