Produits alimentaires, Rencontres

Rencontre avec Alexis Angot, co-fondateur et directeur financier chez Ynsect

Alexis Angot est l’un des quatre co-fondateurs de Ynsect. Avec un MBA à l’ESSEC, avec une spécialité en entrepreneuriat social, et une activité au sein de l’association Worgamic (association dont l’objectif est de reconnecter les citadins à une alimentation responsable), aux côtés d’Antoine Hubert, Alexis et ce dernier identifient dès 2011 la production d’insectes comme une solution aux enjeux de la croissance de la population mondiale et de ses besoins croissants en alimentation. Il est aujourd’hui le directeur juridique et financier d’Ynsect.

Quelle est la vocation d’Ynsect ?

Les insectes sont à la base de la chaine alimentaire de nombreuses espèces animale. S’inspirant de ce qui se fait dans la nature, Ynsect produit une farine d’insectes destinés aux animaux d’élevage naturellement insectivores, tels que les poissons ou certains animaux de compagnie. Pour cela nous avons développé des unités de production d’insectes à grande échelle pouvant adresser le colossal marché de l’alimentation animale (Industrie du « Feed »), et peut-être une fois les barrières réglementaires et d’acceptabilité sociale levées, le marché de l’alimentation humaine.

Quelles sont les étapes clés de l’histoire d’Ynsect ?

La société est fondée dès 2011 avec pour objectif de valider la pertinence du projet. Pendant deux ans, nous cherchons à rencontrer les acteurs de cet écosystème. Nous montons un projet de recherche avec des centres de recherche tels que l’INRA et le CNRS. Nous obtenons un premier accès à des fonds fin 2012 puis gagnons plusieurs concours en 2013. Deux levées de fond ont lieu en 2014, positionnant Ynsect parmi les start-up les mieux financées au monde sur ce sujet.

2015 est marquée par la construction d’une unité de démonstration dans le Jura, financée entre autre par l’ADEME. Le démarrage de cette installation est prévu dans les prochaines semaines, au mois de juin 2016.

Aujourd’hui, l’entreprise compte 42 personnes.

Quelle est l’ambition d’Ynsect pour les prochaines années ?

L’étape clé des prochaines années est le passage à l’industrialisation de la production. Il s’agit de déployer la technologie à grande ampleur (« scale up »), massivement, sur tous les continents.

Quels sont les principaux défis qu’Ynsect aura à relever ?

Outre les verrous techniques, les défis seront financiers, commerciaux et managériaux. Construire une nouvelle filière oblige à adresser des problématiques multiples, et à convaincre de nombreuses parties prenantes : les clients bien sûr, mais également les fournisseurs, les autorités règlementaires, les investisseurs…

Que diriez vous de l’écosystème de l’entrepreneuriat en France ?

L’écosystème de la création d’entreprise en France est très dynamique, et de plus en plus dans l’univers du Feed et du Food. La BPI et l’Ademe ont été un soutien majeur pour notre développement. Les dispositifs du CIR et du JEI ont également permis de réduire nos couts. Enfin, nous avons été accompagnés utilement dans nos premières années au sein de l’incubateur Agoranov, puis au sein de la pépinière du Genopole.